🇫🇷 Le médecin malgré lui : Les citations drôles

Voilà, je viens de lire Le médecin malgré lui, qui est un des chef-d’œuvres les plus connus de Molière.

Peu après, j’ai décidé de choisir parmi les extraits les plus drôles du livre et de les présenter (dans l’ordre chronologique) sous la forme de la liste, que l’on trouve ci-dessous.

Assurez-vous de s’amuser bien en lisant cette sélection.

Je vous souhaite une bonne lecture à tous!

SGANARELLE. — O la grande fatigue que d’avoir une femme!

MARTINE. — Qui me vend, pièce à pièce, tout ce qui est dans le logis.
SGANARELLE. — C’est vivre de ménage.

MARTINE. — Qui m’a ôté jusqu’au lit que j’avais.

SGANARELLE. — Tu t’en lèveras plus matin.

MARTINE. — Enfin qui ne laisse aucun meuble dans toute la maison.

SGANARELLE. — On en déménage plus aisément

MARTINE. — Et qui, du matin jusqu’au soir, ne fait que jouer et que boire.

SGANARELLE. — C’est pour ne me point ennuyer.

MARTINE. — J’ai quatre pauvres petits enfants sur les bras.

SGANARELLE. — Mets-les à terre.

SGANARELLE. — ce sont petites choses qui sont de temps en temps nécessaires dans l’amitié; et cinq ou six coups de bâton, entre gens qui s’aiment, ne font que ragaillardir l’affection

MARTINE. — Il me plaît d’être battue.

M. ROBERT. — D’accord.

MARTINE. — Ce n’est pas à vos dépens.

M. ROBERT. — Il est vrai.

VALERE. — C’est une chose admirable, que tous les grands hommes ont toujours du caprice, quelque petit grain de folie mêlé à leur science.

MARTINE. — La folie de celui-ci est plus grande qu’on ne peut croire, car elle va parfois jusqu’à vouloir être battu pour demeurer d’accord de sa capacité; et je vous donne avis que vous n’en viendrez point à bout, qu’il n’avouera jamais qu’il est médecin, s’il se le met en fantaisie, que vous ne preniez chacun un bâton, et ne le réduisiez, à force de coups, à vous confesser à la fin ce qu’il vous cachera d’abord. C’est ainsi que nous en usons quand nous avons besoin de lui.

VALERE. — Voilà une étrange folie !

MARTINE. — Il est vrai; mais, après cela, vous verrez qu’il fait des merveilles

VALERE. — Je vous demande si ce n’est pas vous qui se nomme Sganarelle.

SGANARELLE, se tournant vers VALERE, puis vers LUCAS. — Oui et non, selon ce que vous lui voulez.

VALERE. — Nous ne voulons que lui faire toutes les civilités que nous pourrons.

SGANARELLE. — En ce cas, c’est moi qui se nomme Sganarelle.

LUCAS. — Il n’est pas vrai qu’ous sayez médecin ?

SGANARELLE. — Non, la peste m’étouffe! (Là ils recommencent de le battre.) Ah! Ah! Eh bien, Messieurs, oui, puisque vous le voulez, je suis médecin, je suis médecin; apothicaire encore, si vous le trouvez bon. J’aime mieux consentir à tout que de me faire assommer. Voici des gens bien pleins de cérémonie.

LUCAS. — V’n’êtes pas médecin ?

SGANARELLE. — Non, vous dis-je.

VALERE. — Puisque vous le voulez, il faut s’y résoudre. (Ils prennent un bâton et le frappent.)

SGANARELLE. — Ah! ah! ah! Messieurs, je suis tout ce qu’il vous plaira.

VALERE. — … les habiles gens sont toujours recherchés …

SGANARELLE. — Je gagnerai ce que je voudrai ?

VALERE. — Oui.

SGANARELLE.— Ah! je suis médecin, sans contredit : je l’avais oublié : mais je m’en ressouviens. De quoi est-il question ? Où faut-il se transporter?

VALERE. — Je vous ai bien dit que c’était un médecin goguenard.

GERONTE. — Oui; mais je l’envoirais promener avec ses goguenarderies.

SGANARELLE. — Des coups de bâton…

GERONTE. — Il n’y a pas de mal.

SGANARELLE. — Que j’ai eu l’honneur de vous donner.

SGANARELLE. — Comment s’appelle votre fille ?

GERONTE. — Lucinde.

SGANARELLE. — Lucinde! Ah! beau nom à médicamenter! Lucinde!

SGANARELLE. — le médecin fait rire le malade, c’est le meilleur signe du monde

SGANARELLE. — Et qui est ce sot-là qui ne veut pas que sa femme soit muette ? Plût à Dieu que la mienne eût cette maladie !

SGANARELLE. — C’est l’office du médecin de voir les tétons des nourrices.

LUCAS. — Il gnia office qui quienne, je sis votte sarviteur.

SGANARELLE. — As-tu bien la hardiesse de t’opposer au médecin ? Hors de là !

GERONTE. — Il n’est rien tel que ce qu’on tient; et l’on court grand risque de s’abuser, lorsque l’on compte sur le bien qu’un autre vous garde. La mort n’a pas toujours les oreilles ouvertes aux vœux et aux prières de Messieurs les héritiers; et l’on a le temps d’avoir les dents longues lorsqu’on attend, pour vivre, le trépas de quelqu’un

LUCAS. — Je ne veux pas qu’il te tâte, moi.

SGANARELLE. — Fi, le vilain, qui est jaloux de sa femme !

SGANARELLE. — Va-t-elle où vous savez ?

GERONTE. — Oui.

SGANARELLE. — Copieusement ?

GERONTE. — Je n’entends rien à cela.

SGANARELLE. — La matière est-elle louable ?

GERONTE. — Je ne me connais pas à ces choses.

SGANARELLE. — Parce qu’il y a dans le vin et le pain, mêlés ensemble, une vertu sympathique qui fait parler

GERONTE. — Mais, Monsieur, voilà une mode que je ne comprends point. Pourquoi s’aller faire saigner quand on n’a point de maladie ?

SGANARELLE. — Il n’importe, la mode en est salutaire; et comme on boit pour la soif à venir, il faut se faire aussi saigner pour la maladie à venir.

SGANARELLE, en le regardant de travers. — Je te donnerai la fièvre.

GERONTE. — Il n’y a qu’une seule chose qui m’a choqué : c’est l’endroit du foie et du cœur. Il me semble que vous les placez autrement qu’ils ne sont; que le cœur est du côté gauche, et le foie du côté droit.

SGANARELLE. — Ce n’est pas l’argent qui me fait agir.

GERONTE. — Je le crois.

SGANARELLE, après avoir pris l’argent. — Cela est-il de poids ?

GERONTE. — Oui, Monsieur.

SGANARELLE. — Je ne suis pas un médecin mercenaire.

GERONTE. — Je le sais bien.

SGANARELLE. — L’intérêt ne me gouverne point.

GERONTE. — Je n’ai pas cette pensée.

SGANARELLE — c’est une insolence extrême…

LEANDRE, tirant une bourse qu’il lui donne. Monsieur…

SGANARELLE, tenant la bourse. — De vouloir m’employer… Je ne parle pas pour vous, car vous êtes honnête homme, et je serais ravi de vous rendre service…

LEANDRE. — Tout ce que je souhaiterais serait de savoir cinq ou six grands mots de médecine, pour parer mon discours et me donner l’air d’habile homme.

SGANARELLE. — Allez, allez, tout cela n’est pas nécessaire : il suffit de l’habit, et je n’en sais pas plus que vous.

SGANARELLE. — Je trouve que c’est le métier le meilleur de tous; car, soit qu’on fasse bien ou soit qu’on fasse mal, on est toujours payé de même sorte : la méchante besogne ne retombe jamais sur notre dos; et nous taillons, comme il nous plaît, sur l’étoffe où nous travaillons. Un cordonnier, en faisant des souliers, ne saurait gâter un morceau de cuir qu’il n’en paye les pots cassés; mais ici l’on peut gâter un homme sans qu’il en coûte rien

SGANARELLE. — Les bévues ne sont point pour nous; et c’est toujours la faute de celui qui meurt

SGANARELLE. — Enfin le bon de cette profession est qu’il y a parmi les morts une honnêteté, une discrétion la plus grande du monde; et jamais on n’en voit se plaindre du médecin qui l’a tué.

SGANARELLE, tendant toujours la main et la branlant, comme pour signe qu’il demande de l’argent. Venons au fait, mon ami, venons au fait.

THIBAUT. — Le fait est, Monsieur, que je venons vous prier de nous dire ce qu’il faut que je fassions.

SGANARELLE. — Je ne vous entends point du tout.

PERRIN. — Monsieur, ma mère est malade; et vêla deux écus que je vous apportons pour nous bailler queuque remède.

SGANARELLE. — Ah! je vous entends, vous. Voilà un garçon qui parle clairement, qui s’explique comme il faut.

SGANARELLE. — Il faut voir de quoi est-ce qu’elle est malade.

THIBAUT. — Alle est malade d’hypocrisie, Monsieur.

PERRIN. — Monsieur, je vous sommes bien obligés; et j’allons li faire prendre ça tout à l’heure.

SGANARELLE. — Allez. Si elle meurt, ne manquez pas de la faire enterrer du mieux que vous pourrez.

LUCINDE. — Et je me jetterai plutôt dans un couvent que d’épouser un homme que je n’aime point.

GERONTE. — Ah! quelle impétuosité de paroles! Il n’y a pas moyen d’y résister. Monsieur, je vous prie de la faire redevenir muette.

SGANARELLE. — C’est une chose qui m’est impossible. Tout ce que je puis faire pour votre service est de vous rendre sourd, si vous voulez.

MARTINE. — Puisque tu ne seras point pendu, rends-moi grâce d’être médecin; car c’est moi qui t’ai procuré cet honneur.

SGANARELLE. — Oui, c’est toi qui m’as procuré je ne sais combien de coups de bâton.

LEANDRE. — L’effet en est trop beau pour en garder du ressentiment.


Merci d’avoir lu mon article et à très bientôt!

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